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Pacifier les relations géopolitiques : les clés. | Général de Kytspotter | 64e convention

Sous les ors feutrés de l’ONU, le général de Kytspotter ne voit pas un décor solennel, mais un lieu où s’expriment en continu tensions et frustrations. Il rappelle la promesse de 1945 : prévenir les conflits, organiser la sécurité collective et réunir 193 États autour d’une charte. Mais cette table commune vacille : abus de vétos, crises majeures, défiance du Sud global, pression des opinions publiques. Le multilatéralisme traverse une zone de fortes turbulences.

La mission de l’ONU n’est pourtant pas d’effacer les conflits, mais de traiter l’insatisfaction, massive, durable et parfois explosive. États, peuples, ONG, opinions : chacun arrive avec sa plainte, son traumatisme, son exigence. Le cœur du travail consiste à accueillir cette insatisfaction, à la canaliser et à la transformer en compromis praticables. Une gestion structurée des tensions, pensée pour éviter l’escalade et préserver un cadre commun.

Ce travail repose sur une préparation rigoureuse : cartographier les acteurs, identifier leurs lignes rouges, anticiper les marges de manœuvre. Puis vient l’écoute, complète et non jugeante. Elle permet de distinguer émotion, intérêt et besoin réel. La reformulation clarifie les enjeux et ouvre la voie à un terrain d’entente possible, sans renoncer à l’essentiel.

La maîtrise du langage constitue un autre pilier. En effet, aux Nations Unies, chaque mot d’une résolution crée un précédent.Chaque formule validée devient un standard dont chacun s’emparera. D’où la vigilance accordée à la précision des termes, à la rédaction finale, à la trace écrite qui engage durablement.

Une part décisive du travail se joue pourtant loin des micro. Pauses destinées à apaiser une tension, discussions bilatérales pour débloquer une position, apartés permettant à chacun d’exister sans perdre la face : ces moments discrets soutiennent l’efficacité de la scène publique. Ils évitent l’escalade et préservent le dialogue quand tout semble prêt à céder.

Au terme de son mandat, le général retient et confie trois compétences clés : l’empathie, pour comprendre la logique de l’autre sans se laisser submerger ; l’assertivité, pour maintenir un cadre clair sous pression ; et une « passion stratégique de l’insatisfaction », c’est-à-dire l’acceptation d’une part irréductible de frustration, transformée en matière utile pour ajuster, renforcer et préparer la suite.

En creux, un message apparaît : composer avec l’insatisfaction est un art exigeant. Il ne s’agit pas de faire disparaître les tensions, mais de créer des espaces où elles peuvent être exprimées, comprises et recadrées. Ainsi, “le succès ne se mesure pas au silence des plaintes, mais à la qualité du lien qui demeure lorsque l’orage s’éloigne.”

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